Depuis le 1er juillet 2026, Microsoft a relevé les prix catalogue de ses abonnements Microsoft 365 et Office 365 professionnels, jusqu’à 33 % selon les licences. En France, cette hausse des prix Microsoft 365 s’applique le plus souvent à la date anniversaire du contrat : beaucoup de PME et de mairies la découvrent donc seulement au renouvellement. Sur trois ans, l’écart peut atteindre plusieurs centaines d’euros pour 20 postes. Plusieurs options existent pour le limiter.
Hausse des prix Microsoft 365 : ce que Microsoft a annoncé
Microsoft a annoncé début décembre 2025 une hausse des prix catalogue de ses suites Microsoft 365 et Office 365 commerciales, effective au 1er juillet 2026. Selon Le Monde Informatique, huit offres sont concernées, dont celles qu’utilisent le plus les PME et les communes. L’éditeur la justifie par l’ajout de fonctions d’IA (Copilot Chat), de sécurité et de gestion des postes.
Voici les hausses publiées par Microsoft dans sa note officielle de licensing, pour les suites avec Teams. Ce sont des prix de liste américains : Microsoft fixe ensuite les prix en euros selon les taux de change. Retenez donc le pourcentage, pas le montant.
| Licence (avec Teams) | Prix de liste US, par utilisateur et par mois | Hausse |
|---|---|---|
| Microsoft 365 Business Basic | 6,00 → 7,00 $ | + 16 % |
| Microsoft 365 Business Standard | 12,50 → 14,00 $ | + 12 % |
| Microsoft 365 Business Premium | 22,00 $ | inchangé |
| Office 365 E1 | 10,00 $ | inchangé |
| Office 365 E3 | 23,00 → 26,00 $ | + 13 % |
| Microsoft 365 E3 | 36,00 → 39,00 $ | + 8 % |
| Microsoft 365 F1 (terrain) | 2,25 → 3,00 $ | + 33 % |
| Microsoft 365 F3 (terrain) | 8,00 → 10,00 $ | + 25 % |
Deux précisions. En Europe, ces suites existent aussi sans Teams, avec leur propre grille et des hausses parfois plus fortes : jusqu’à + 43 % sur la F1. Pour les offres gouvernementales, Microsoft étale sur plusieurs années toute hausse supérieure à 10 % ; le cabinet Orbid les situe entre 5 % et 10 %.
Pourquoi tout le monde ne voit pas la hausse au même moment ? En France, un contrat annuel en cours garde son prix jusqu’à sa date anniversaire. Une mairie renouvelée en octobre voit donc la hausse en octobre, une PME renouvelée en janvier la voit en janvier. Microsoft n’a pas confirmé ce calendrier auprès du Monde Informatique : vérifiez votre contrat.
Le vrai calcul : ce que la hausse coûte sur 3 ans
Pour mesurer l’impact réel, raisonnez sur la durée d’un budget, soit trois ans, plutôt que sur le prix mensuel d’une licence. La méthode tient en quatre opérations :
- prenez le prix par utilisateur et par mois inscrit sur votre dernière facture ;
- multipliez-le par le nombre de comptes facturés, puis par 12 : vous obtenez votre coût annuel actuel ;
- appliquez le pourcentage de hausse de votre licence, relevé dans le tableau ci-dessus ;
- faites la différence avec votre coût actuel et multipliez-la par 3.
Exemple pour 20 utilisateurs en Business Standard, avec un prix de départ fictif de 12 € HT par utilisateur et par mois (remplacez-le par le vôtre) et la hausse officielle de 12 %. Le second scénario ajoute, par hypothèse, + 5 % en année 3 : Microsoft applique déjà la hausse d’Office 365 E3 en deux temps, avec une seconde marche en 2027.
| Calcul (20 utilisateurs, prix fictif) | Hausse unique de 12 % | Avec + 5 % en année 3 |
|---|---|---|
| Coût annuel avant hausse | 2 880 € HT | 2 880 € HT |
| Coût annuel après hausse | 3 225,60 € HT | 3 225,60 € HT, puis 3 386,88 € HT |
| Surcoût par an | 345,60 € HT | 345,60 € HT, puis 506,88 € HT |
| Surcoût cumulé sur 3 ans | 1 036,80 € HT | 1 198,08 € HT |
Autre levier visible dans le même calcul : si 3 comptes sur 20 ne servent plus (départs, stagiaires, anciennes boîtes partagées), ils coûtent 483,84 € HT par an au nouveau tarif fictif, soit 1 451,52 € HT sur trois ans. De quoi compenser la hausse à eux seuls.
Trois options face à la hausse de vos licences Microsoft 365
Face à la hausse, une PME ou une mairie a trois options : optimiser ses licences, migrer vers une alternative à Microsoft 365, ou combiner les deux. Le choix dépend de vos usages, de vos données et de votre calendrier.
1. Optimiser l’existant
Supprimer les comptes inutilisés et descendre de gamme ceux qui n’ont besoin que de la messagerie.
2. Sortir de Microsoft 365
Remplacer messagerie, agenda et partage de fichiers par des outils souverains hébergés en France.
3. Approche mixte
Garder Word et Excel pour ceux qui en ont besoin, et basculer le reste brique par brique.
Une messagerie souveraine, c’est-à-dire hébergée en France par un prestataire soumis au seul droit européen, est souvent la première brique à migrer. Chez LD Solutions, nous proposons la messagerie collaborative Zimbra (mails, agendas, contacts partagés) et le partage de fichiers avec Nextcloud, hébergés en France sur une infrastructure certifiée ISO 27001 et HDS 2.1. Deux stratégies sont alors possibles.
Migration progressive
RISQUE LIMITÉ
● Une brique à la fois : messagerie, puis fichiers
● Les équipes s’adaptent par étapes
● Deux abonnements coexistent quelques mois
Refonte complète
RUPTURE NETTE
● Tout bascule à une date choisie
● Un seul projet, une seule formation
● Demande une préparation plus poussée
Suites américaines ou solutions souveraines : le comparatif
La différence principale ne tient pas aux fonctions, mais au droit qui s’applique aux données. Le Cloud Act, loi américaine de 2018, permet aux autorités des États-Unis d’exiger d’une entreprise américaine les données qu’elle détient, même stockées en Europe. Devant une commission d’enquête du Sénat en juin 2025, Microsoft France a reconnu ne pas pouvoir le garantir pour ses clients français, tout en précisant qu’aucun client européen n’avait été concerné à ce jour.
| Critère | Suites américaines (Microsoft 365, Google Workspace) | Solutions souveraines hébergées en France |
|---|---|---|
| Localisation des données | Europe possible selon l’offre et le paramétrage | Serveurs en France |
| Cadre juridique | Éditeur soumis au Cloud Act, même pour des données en Europe | Prestataire soumis au seul droit européen |
| Évolution tarifaire | Fixée par l’éditeur au niveau mondial | Négociée avec un prestataire local |
| Interlocuteur | Revendeur ou support de l’éditeur | Prestataire de proximité, déjà en charge du parc |
| Réversibilité | Export possible, formats et outils propriétaires | Open source et formats standards (IMAP, WebDAV) |
Pour les données les plus sensibles, l’État s’appuie sur la qualification SecNumCloud de l’ANSSI, conçue notamment pour résister aux lois extraterritoriales. Pour une PME ou une commune, la question est plus simple : quelles données confiez-vous à votre messagerie, et sous quel droit voulez-vous qu’elles restent ? Les suites américaines restent plus riches en fonctions ; les solutions souveraines couvrent l’essentiel. Notre page souveraineté numérique détaille ces enjeux.
Collectivités : un sujet de budget autant que de conformité
Pour une commune, la hausse des licences pose trois questions à la fois : budgétaire, réglementaire et politique. Les abonnements logiciels sont des dépenses de fonctionnement inscrites au budget voté en conseil municipal. Une hausse découverte en cours d’année doit être absorbée par une autre ligne ou passer par une décision modificative.
✓ RGPD : la mairie est responsable des données de ses administrés (état civil, urbanisme, cantine, action sociale) et doit maîtriser leurs transferts hors de l’Union européenne.
✓ Souveraineté : héberger en France chez un prestataire européen réduit l’exposition aux lois étrangères.
✓ Budget voté : un coût prévisible sur plusieurs exercices facilite la préparation du budget primitif.
✓ Commande publique : depuis le 1er avril 2026, un achat de fournitures ou de services de moins de 60 000 € HT peut être passé sans publicité ni mise en concurrence préalables, d’après la fiche de la direction des affaires juridiques de Bercy.
Autrement dit, changer de messagerie reste un achat simple pour la quasi-totalité des communes : la procédure formalisée ne commence qu’à 216 000 € HT pour 2026-2027. Dans le Centre-Alsace, beaucoup de communes n’ont qu’une poignée de postes. Nous détaillons notre accompagnement sur la page dédiée aux collectivités.
Par où commencer
La première étape est toujours la même : savoir ce que vous payez et ce qui sert vraiment. Ensuite, quatre étapes suffisent.
01
Inventaire des licences
Listez les comptes, leur licence, leur dernière connexion et la date anniversaire.
02
Priorisation
Classez les usages : indispensables, remplaçables, inutilisés. Commencez par ce qui coûte sans servir.
03
Migration
Basculez les données avant la prochaine date anniversaire.
04
Formation
Accompagnez les utilisateurs pour éviter les retours en arrière.
Questions fréquentes
Quand la hausse de Microsoft 365 s’applique-t-elle à mon contrat ?
Les nouveaux prix catalogue sont en vigueur depuis le 1er juillet 2026. En France, un abonnement annuel en cours conserve généralement son prix jusqu’à sa date anniversaire. Les abonnements mensuels sans engagement basculent en principe plus vite. Vérifiez votre date de renouvellement auprès de votre revendeur.
Combien coûte la hausse des licences Microsoft 365 pour une PME ?
Tout dépend de la licence : Business Premium et Office 365 E1 sont inchangés, Business Standard augmente de 12 %, Business Basic de 16 %, les licences terrain F1 de 33 %. Multipliez votre prix actuel par votre nombre de comptes, par 12, puis appliquez ce pourcentage. Pour 20 utilisateurs à 12 € HT par mois et + 12 %, le surcoût dépasse 1 000 € HT sur trois ans.
Est-ce obligatoire pour une mairie d’héberger ses données en France ?
Il n’existe pas d’obligation générale d’héberger toutes les données d’une commune en France. En revanche, le RGPD encadre strictement les transferts hors de l’Union européenne, et les données de santé imposent un hébergeur certifié HDS. Un hébergement en France chez un prestataire européen simplifie la conformité.
Peut-on garder Word et Excel en changeant de messagerie ?
Oui, c’est le principe de l’approche mixte : messagerie et fichiers passent sur une solution souveraine, et seuls les utilisateurs concernés gardent une licence bureautique Microsoft. La facture baisse sans changer les habitudes de travail.
Combien de temps faut-il pour sortir de Microsoft 365 ?
Pour une structure d’une vingtaine de postes, la bascule vers une messagerie Zimbra se compte en quelques jours. C’est la préparation qui demande le plus d’attention : inventaire des boîtes, volumes à transférer, comptes partagés, redirections et carnets d’adresses. Une refonte complète, fichiers compris, demande un peu plus de temps selon le volume.
Parlons de vos licences
Votre facture Microsoft 365 a augmenté, ou elle va augmenter à votre prochaine date anniversaire ? Depuis Sélestat, LD Solutions accompagne les PME et collectivités d’Alsace pour inventorier leurs licences, chiffrer les options et, si c’est pertinent, migrer vers une messagerie souveraine. Décrivez-nous votre situation via le formulaire outils numériques : nous revenons vers vous pour en parler.
Tél. 03 88 85 51 47 · contact@ldsolutions.fr